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  • Rebelles sympathiques en danger

    Posted on April 5th, 2012 1 comment

    Pas grand monde se souciait du Mali avant qu’on prononce le mot “islamistes”. C’est vrai que comparé à la Libye, on n’y trouve pas de pétrole, et que le conflit au nord du pays ne date pas d’hier. C’était devenu ce genre de guerre sans issue qui, après de multiples traités voués à l’échec, fait partie du paysage, un peu comme le conflit israélo-palestinien.

    Mais la progression rapide des dernières semaines du MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad) révèle un nouveau contexte et des dommages collatéraux qui auraient dû être prévus par les stratèges de l’OTAN dans la “libération” de la Libye. D’abord, la chute de Kadhafi a amené des combattants qui lui était restés fidèles à joindre le mouvement rebelle touareg, ce qui a provoqué la défaillance de l’armée malienne et le putsch qui s’en suivit. Et, ce qui est le plus préoccupant dans tout ce bordel, la présence opportuniste de ce qu’on appelle l’AQMI (Al-Qaida au Maghreb islamique) et du groupe Ançar Dine, qui prétendent vouloir imposer la charia à tout le pays…

     

     

    Qui risque de souffrir le plus de cette confusion qui règne autour du contrôle du nord du Mali ? Encore une fois… les Touareg, qui il faut le dire, sur la planète musique entre autre, se sont attirés dans les dernières années un bon capital de sympathie avec le succès d’une poignée de groupes dans la foulée de Tinariwen, la consécration l’année dernière de l’album “Agadez” de Bombino et le Festival du Désert, qui reçoit chaque année la visite de vedette internationale tel que Robert Plant (Led Zeppelin) ou Damon Albarn. Capital qui pourrait tout d’un coup basculé par risque médiatique de confondre les rebelles et de mettre les touareg dans le même bateau que les  islamistes et Al-Quaida, groupes duquel le MNLA laïque tente de se dissocier le plus possible par voie de communiqués pour le moins explicites.

    À qui profite cette guerre ?

    Si vous allez dans la région de Bamako avec des albums de Tinariwen dans vos bagages, vous constaterez que le Mali est un bien grand pays et vous risquez de ne rien retrouver de l’esprit rock planant désertique qui vous y a amené car les gens du sud, à forte domination bambara, ont peu d’intérêt, pour ne dire aucun, envers la culture des populations du nord et de cet Azawad revendiqué par les touareg. Je dirais même plus que souvent quand ils les voient à la télé, ils les tournent en ridicule par préjugés ou ignorance de leur passé commun. On peut donc se demander pourquoi l’État malien, avec le peu de moyens qu’il a, tient à affirmer sa souveraineté, quitte à déstabiliser le pays au complet, sur un territoire si loin des préoccupations de la majorité de la population ?

    C’est une situation géopolitique de plus en plus complexe que plusieurs médias, intellectuels et politiciens décortiquent depuis quelques jours avec plus de profondeur et d’exactitudes que je pourrais le faire (voir liens plus bas). Mais sous le charme moi-aussi de ces rebelles touareg sympathiques et du Agadez de Bombino, j’avoue que ce mouvement de libération m’apparaît légitime, crédible et articulé, surtout qu’il s’en tient raisonnablement au territoire que les touareg parcourent depuis des millénaires.

    Malheureusement, comme la plupart des peuples nomades, mal compris et opprimés, le MNLA souffre dans son idéal d’autonomie des groupes criminels ou politiques, ou les deux à la fois, qui veulent tirer avantage de ce territoire hostile et flou où il peut se tramer toutes sortes de commerces illicites et multiples trahisons. Sans parler de la donne islamiste qui plonge la région et la grande cité de Tombouctou, patrimoine de l’Unesco mis en musique par le grand Ali Farka Toure, à une époque barbare moyenâgeuse sans précédent au Mali qui changera l’image de ce pays plutôt calme, reconnu pour son pacifisme, son harmonie et sa vie démocratique.

    Comme dit Boucar, “ça brise le coeur”.

    p.s. petite pensée pour les paysans maliens qui vivaient déjà une période difficile avec les sécheresses à répétition des dernières années, situation qui ne fera qu’empirer avec les sanctions de la CEDEAO.

     

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      Bien l’article, mais sa oublie de dire que se sont les leaders de l’actuel MNLA qui avec la complicité de politiciens véreux ont bouffé tout l’argent destiné au Nord du Mali. Et au faite et les sonrhai avec leur empires et les autres peuples noirs qui vivent sur c’est terre depuis des millénaires on les fous à la poubelles?

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